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Focus sur l'isolation phonique

Une nuisance sonore est une pollution sonore à répétition, atteignant un niveau sonore élevé. Au quotidien, ces nuisances peuvent être un important facteur de stress, atténuant considérablement le confort et la sérénité d’un logement. Cette pollution sonore peut provenir de l’extérieur (passage de trains, trafic pédestre, avions, autoroutes, voisins…) ou même de l’intérieur du logement (plancher qui grince, enfants qui chahutent…). Dans 80% des cas, précisons que le bruit provient des transports.

Les nuisances sonores sont particulièrement présentes dans les constructions anciennes, car il n’existait jadis aucune norme en matière d’isolation phonique. Le phénomène est particulièrement problématique dans les quartiers les plus animés des grandes villes, où les passants peuvent parfois faire du bruit toute la nuit durant.

Dans certains cas, comme celui d’un voisin un peu trop bruyant, il est possible de régler le problème de façon courtoise ou en faisant appel à la justice. Cependant, il est parfois nécessaire de remédier au problème en améliorant l’isolation phonique de la propriété.

L’isolation phonique : qu’est-ce que c’est ?

L’isolation phonique permet de supprimer (ou tout du moins d’atténuer) la propagation des bruits intérieurs ou extérieurs d’un logement. Elle permet de diminuer les échanges sonores entre le lieu traité et son environnement. Il est possible de procéder à des travaux d’isolation phonique pour les murs, le sol ou le plafond.

Comprendre le bruit pour comprendre l’isolation phonique

Afin de comprendre le fonctionnement de l’isolation phonique, il est important de comprendre comment se propage le son.

Le son est le produit d’une vibration de l’air. Il s’agit d’une onde de pression caractérisée par son intensité (que l’on mesure en décibels), sa fréquence (que l’on mesure en Hz), et sa durée. La diffusion du son repose sur une variation de pression depuis la source. Le son se diffuse à travers l’air, mais aussi à travers les matériaux. En fonction des propriétés de ces matériaux, le son sera plus ou moins conduit.

Plus un matériau est dense, plus il permet de réduire les sons. C’est ce que l’on appelle la loi de masse. Par exemple, une paroi en béton protège mieux qu’une brique creuse ou qu’un carreau de plâtre, car elle est plus lourde à épaisseur égale.

Un autre principe à connaître est celui de la loi masse-ressort-masse. En interposant un élément ressort (air ou isolant souple) entre deux masses, telles que le mur d’origine et une plaque de plâtre, il est possible d’améliorer encore l’isolation phonique. En effet, les ondes sonores qui créent des vibrations en passant par la première masse sont absorbées par le ressort, et la seconde masse les reçoit amorties. Dans le domaine de l’isolation phonique, ces deux principes sont utilisés pour la technique dite du “ sandwich “.

Une autre technique d’isolation phonique est celle de la désolidarisation. Elle consiste à construire les plafonds, murs et planchers en les dissociant des murs déjà existants afin de les isoler des vibrations.

Quels sont les différents types de bruits ?

Un autre élément à prendre en compte dans la propagation du son est la différence entre les types de bruits. On distingue en effet les bruits aériens, les bruits solidiens (d’impact) et les bruits d’équipement. En fonction du type de bruit, les propriétés isolantes des matériaux de constructions et d’isolation sont exprimées en utilisant différents indices de performance de réduction de bruit. Ces indices sont normalisés dans l’Union européenne pour permettre de comparer tous les matériaux et éléments de construction.

Les bruits aériens peuvent provenir de l’intérieur ou de l’extérieur. Ils passent sous les portes, par les interstices des fenêtres, ou encore par les coffres de volets roulants. Ce sont par exemple des bruits de conversation. Ils apparaissent dans l’air, et s’y propagent directement. Ils traversent les murs, cloisons et planchers via les vides d’air pouvant exister. Pour les bruits aériens, on utilise l’indice d’affaiblissement acoustique Rw exprimé en dB. Plus cet indice est important, plus la performance d’affaiblissement du matériau sera élevée.

Les bruits solidiens sont générés par des chocs sur une paroi ou un plancher : chute, déplacement d’objet, choc de talon… ce sont donc des bruits de provenance extérieure qui se propagent par la structure du bâtiment. Ils passent au travers des parois qui les véhiculent par choc direct puis par vibration. Cette diffusion du son est appelée transmission. Pour la résistance aux bruits de choc ou d’impact, on utilise l’indice d’efficacité aux bruits de choc Lw exprimé en dB.

Enfin, comme leur nom l’indique, les bruits d’équipements proviennent des équipements divers du domicile : chaudière, tuyauterie, ventilation… il s’agit donc de bruits en provenance de l’intérieur du bâtiment.

Les mesures de performances acoustiques étant régies par la réglementation européenne, on utilise désormais un unique indice d’évaluation pour tous les différents types de bruit. En fonction de leur exposition au bruit généré par les infrastructures de transports terrestres, les bâtiments sont classés du niveau 1 à 5. Le niveau 1 est le niveau d’exposition le plus élevé : 81 dB.

Le niveau de bruit

Afin de choisir l’isolation phonique adaptée, il est important de mesurer le niveau de bruit perçu. Pour mesurer le niveau de bruit, on utilise une échelle de 10 à 130 décibels. Au-delà de 70 dB, on considère que le seuil du “ très bruyant “ est franchi.

Le choix de l’isolant va dépendre de la performance recherchée. Imaginons par exemple que le son émis par la chaîne hi-fi du voisin soit perçu dans votre salon avec un niveau de 70 décibels. Si vous visez un confort de 30 décibels (ambiance très calme), vous devez trouver une solution d’isolation phonique permettant un affaiblissement de 40 décibels (70-40 = 30). Il est toutefois conseillé de choisir une performance supérieure à l’objectif visé à hauteur de 5 décibels. Pour cause, la performance d’un isolant mesurée en laboratoire est différente des résultats mesurés “ in situ “ après la pose.

Pour déterminer la solution appropriée, il suffit de prendre en compte le niveau de correction visé, le type de bruit à l’origine de la nuisance, et le cheminement dans la structure. En fonction de cette situation et de la nature des parois, il sera alors possible de choisir l’isolant idéal.

Tableau niveau de bruit

Qu’est ce que la NRA (Nouvelle Réglementation Européenne) ?

La NRA (Nouvelle Réglementation Européenne) s’applique à tous les bâtiments d’habitation neufs dont le permis de construire a été déposé à partir de janvier 1996. Elle vise à évaluer les mesures d’isolation en décibels, et à contrôler le logement une fois les travaux achevés.

En fonction du type de logement, elle impose différentes règles. Les maisons individuelles indépendantes sont uniquement soumises à une isolation aux bruits extérieurs (avions, trafic ferroviaire, trafic routier…).

En revanche, les maisons jumelées, mitoyennes ou en bande sont soumises à davantage d’obligations. Elles doivent non seulement être isolées aux bruits aériens extérieurs, mais aussi aux bruits aériens et aux bruits d’impact transmissibles d’un logement à l’autre. Pour l’habitat collectif, les contraintes sont les mêmes.

Pour les bâtiments dont la demande de permis a été déposée à partir du 1er janvier 2000, de nouvelles dispositions de la NRA sont à prendre en compte. L’isolation acoustique entre les logements doit être renforcée, y compris les parties communes et les dépendances. Les bruits d’équipements dans les cuisines et les pièces principales doivent également être réduits.

Les façades doivent offrir un isolement minimum de 30 dB contre les bruits extérieurs (35dB pour les façades donnant sur des voies classées). Le niveau maximum des bruits d’impact accepté passe quant à lui de 70 à 65 dB.

Comment bien préparer son isolation phonique ?

Compte tenu des nombreux facteurs à prendre en compte pour comprendre la propagation du son qui mène aux nuisances sonores, avant de procéder aux travaux d’isolation phonique, il est important de contacter un acousticien pour réaliser un diagnostic phonique du logement. Ce dernier étudiera les matériaux, le mode de diffusion des sons, leur nature et leur origine afin de déterminer la paroi à traiter par laquelle le son se propage.

En fonction de la nature de la paroi à traiter (parpaings, briques, béton, plâtre, plancher, cloisons alvéolaires…), l’acousticien proposera la technique et le matériau isolant le plus adapté à votre situation et à votre budget.

Quels matériaux choisir pour l’isolation phonique choisir ?

Le matériau à choisir pour l’isolation phonique dépend donc de l’origine du bruit, de sa nature, de son niveau, du bâtiment, et de la performance visée.

Il faut savoir que la plupart des matériaux utilisés pour l’isolation thermique peuvent être utilisés pour l’isolation phonique : laine de roche, laine de verre, fibre de bois, chanvre, coton… il est toutefois préférable de choisir des matériaux dont la fonction première est l’isolation phonique. Ces derniers permettront une isolation plus efficace pour une épaisseur moindre.

On optera la plupart du temps pour un isolant à structure poreuse, par exemple un matelas fibreux permettant d’emprisonner de l’air immobile. Ceci permettra de “ capturer “ et d’amortir le bruit. La structure devra être à la fois souple pour atteindre les performances d’isolation phonique visées et assez rigide pour permettre un bon comportement mécanique des parois.

De manière générale, ne vous fiez pas aux marques qui vous promettent des produits universels adaptés à toutes les situations. Un isolant doit impérativement être choisi en fonction des contraintes spécifiques à votre logement. Comme évoqué précédemment, il est donc préférable de faire appel à un acousticien capable de réaliser un diagnostic pour vous proposer les solutions optimales.

Quels sont les meilleurs matériaux d’isolation phonique ?

Parmi les isolants phoniques les plus utilisés, on compte la laine de verre. Ce matériau est particulièrement apprécié pour sa capacité d’absorption. Même de faibles épaisseurs suffisent à assurer une bonne isolation phonique. Il convient particulièrement pour la correction acoustique. Ce matériau est d’ailleurs souvent utilisé pour la conception de studios musicaux.

Un autre matériau couramment utilisé est la laine de roche, également utilisé pour l’isolation thermique. Cet isolant absorbe les sons, et réduit également fortement les bruits d’impact. Il est donc idéal pour l’isolation phonique. La laine de mouton présente une alternative écologique aux laines de verre et de roche, mais son prix est nettement plus élevé.

La mousse composite polyuréthane est également très populaire, car elle combine d’excellentes performances thermiques avec d’importantes capacités d’isolation phonique. Son principal avantage reste toutefois sa légèreté. Cependant, on évitera d’utiliser ce matériau pour des projets nécessitant une isolation phonique parfaite.

Le liège est lui aussi un excellent isolant phonique. Il peut être utilisé pour l’isolation des murs, mais aussi des sols et plafonds. Il présente la particularité avantageuse d’être imputrescible, et permet aussi de réguler l’humidité et d’assurer l’isolation thermique. Il est donc adapté aux pièces humides. Avec 10 mm de liège, il est possible de réduire les sons d’impact à hauteur de 20dB en moyenne. En ce qui concerne les sons aériens, les aigus peuvent être réduits de 82%, les médiums de 52% et les basses de 12%. Le principal défaut du liège est qu’il manque de souplesse par rapport aux laines.

La ouate de cellulose est un très bon isolant phonique naturel. Avec 45mm, il est possible de réduire les sons d’impact de 47dB en moyenne. Avec 100mm, la réduction dépasse les 60dB. Cet isolant souple et abordable peut aussi être utilisé pour l’isolation thermique. Il présente toutefois plusieurs inconvénients. Il n’est pas adapté aux lieux humides, et il est aussi combustible. Cet isolant convient particulièrement aux cloisons et aux faux plafonds.

De son côté, le coton est un autre isolant naturel sain et non irritant. Avec 50 mm de coton, il est possible de réduire les bruits d’impact à hauteur de 42dB ou plus. Les sons aériens quant à eux peuvent être réduits de 95%. Ce matériau est souple, et non inflammable. En revanche, il est vulnérable à l’humidité et comporte du polyester.

Si vous recherchez un isolant 100% naturel, la fibre de bois est également un bon choix. Il s’agit d’un matériau non inflammable, pouvant être utilisé aussi bien pour l’isolation phonique que pour l’isolation thermique. En revanche, il manque de souplesse et n’est pas adapté aux pièces humides. La fibre de bois est idéale pour l’isolation d’une toiture ou d’un sol. Une alternative est la fibre de coco, qui présente les mêmes propriétés.

En complément d’un autre matériau, il est possible d’utiliser des plaques de Fermacell. Ce matériau écologique permet de réduire les sons d’impact à hauteur de 46dB ou plus. Il présente l’avantage d’être naturel, et non inflammable. En revanche, il s’agit d’un produit rigide et vulnérable à l’humidité.

L’isolant phonique le plus efficace est sans nul doute l’aérogel. Malheureusement, avec un prix de plus de 1000 euros au mètre carré, cet isolant est bien trop cher pour les particuliers. Dans le futur, il pourrait toutefois devenir l’isolant phonique le plus utilisé.

Isolation phonique : quelles sont les différentes techniques ?

Une fois le matériau sélectionné, il est temps de choisir la technique de pose. Là encore, mieux vaut faire appel à un spécialiste pour vous aider à faire votre choix. Voici toutefois les différentes techniques couramment employées pour l’isolation phonique des murs, des sols et des fenêtres.

Pour l’isolation phonique des murs et cloisons, on peut utiliser des panneaux sandwich prêts à l’emploi d’une épaisseur de 4 à 10 centimètres avec un parement en plaque de plâtre. Cette solution présente l’avantage d’être facile à poser, en utilisant des plots de colle.

Il est aussi possible de poser l’isolant sur l’ossature métallique et de compléter avec une plaque de plâtre. L’isolation peut être renforcée à l’aide d’une lame d’air entre les profilés et la paroi existante. Cette technique peut aussi être utilisée pour les murs et plafonds.

Une autre technique est celle de la contre-cloison maçonnée. L’isolant est alors posé sur la paroi d’origine, puis dissimulé par une cloison. Cette cloison peut être constituée de brique, de béton cellulaire ou des carreaux de plâtre. Pour désolidariser du bâti, on utilise une bande élastomère.

Isolation des sols

Pour l’isolation phonique des sols, plusieurs approches sont également envisageables. Il est possible de poser un revêtement de type moquette épaisse ou parquet flottant. Un faux plafond incorporant un isolant peut aussi être posé sur l’ossature.

Vous pouvez aussi utiliser une dalle flottante, à savoir une couche isolante recouverte d’une dalle en béton armé désolidarisée des murs. Cette technique est plus compliquée à mettre en place, mais propose des performances acoustiques supérieures. Il est toutefois nécessaire de disposer d’une hauteur de plafond suffisante. De plus, bien souvent, cette technique impose une recoupe des portes.

Isolation des fenêtres

Pour l’isolation phonique des fenêtres, il est important d’effectuer plusieurs vérifications avant de procéder. Tout d’abord, la menuiserie doit impérativement être en bon état. Les châssis ne doivent pas être disjoints, car des interstices laisseront alors s’infiltrer les bruits aériens. Dans cette situation, vous pouvez poser des joints.

L’isolation phonique de vos fenêtres dépend à la fois du matériau de la structure que du vitrage. Le vitrage le plus performant est le vitrage à isolation renforcée (VIR), offrant une performance de réduction de 40 dB. Le double vitrage asymétrique (type 10-6-4) est également très performant avec un isolement de 35 dB. En revanche, le double vitrage classique (type 4-6-4 ou 4-12-3) est en revanche plus intéressant pour l’isolation thermique que pour l’isolation phonique.

Précisons que l’installation de fenêtres neuves donne droit à un crédit d’impôt calculé sur le prix TTC hors mise en oeuvre. Ce crédit peut être accordé (sous conditions) aux propriétaires ainsi qu’aux locataires), mais ne concerne que les résidences principales achevées depuis au moins deux ans.

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